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Les bienfaits d’avoir un animal quand on a des enfants

Grandir ensemble, aimer, perdre… et continuer

À 17 ans, j’ai eu mon premier chat : Vodka.
C’était le chat de la famille, celui qui a grandi avec moi. Il m’a accompagnée pendant près de 17 ans, depuis mon départ de chez mon père en région parisienne, jusqu’à ma maternité. Il m’a vue devenir adulte, puis mère. Et avant de nous quitter, il a fait un bout de chemin avec mes enfants.

À la veille de mes 25 ans, j’ai adopté un deuxième chat avec mon ancien compagnon. Lors de la rupture, c’est tout naturellement que je l’ai gardé.
Il s’appelle Pashmak, et il a aujourd’hui 10 ans.

Mes enfants sont nés dans une famille monoparentale, avec deux chats. Ils ont grandi avec Vodka et Pashmak jusqu’à leurs 3 ans et demi. Les chats faisaient partie du décor affectif, du quotidien, de la sécurité émotionnelle.

Vodka était d’une patience infinie. Il se laissait parfois — un peu trop — manipuler par les enfants, sans jamais réagir. À moi revenait alors le rôle essentiel : leur apprendre la douceur, le respect du vivant, les limites. Grandir avec un animal, ce n’est pas seulement recevoir de l’amour, c’est aussi apprendre à en donner correctement.

Des liens silencieux, mais puissants

Vodka et Pashmak venaient souvent se blottir contre mes enfants sur le canapé.
Ces images, simples en apparence, sont en réalité fondatrices : un enfant qui se sent digne de la confiance d’un animal, un corps chaud qui rassure, une présence calme qui n’exige rien.

Les animaux offrent aux enfants un lien affectif non verbal, profondément sécurisant. Ils n’attendent pas que l’enfant sache parler correctement, gérer ses émotions ou expliquer ce qu’il ressent. Ils sont là. Tout simplement.

Quand les animaux vivent aussi le deuil

À l’été 2024, Vodka nous a quittés.

Mes enfants n’ont pas encore réellement compris sa mort — et c’est normal. À leur âge, la notion de disparition définitive est abstraite. Mais Pashmak, lui, a compris. Après la perte de Vodka, il ne mangeait plus. Pas même la pâtée.

Ce silence-là, cette tristesse animale, a été l’un des moments les plus bouleversants.

Un peu plus tard, un nouveau compagnon est entré dans nos vies. Sans connaître l’histoire de Vodka, quelqu’un m’a offert un chaton qui lui ressemblait beaucoup. Il s’appelle Minoosh, et il a aujourd’hui 1 an.

Je ne pensais pas reprendre un chat. Vraiment pas.
Et pourtant, l’arrivée de Minoosh a fait énormément de bien — à Pashmak, d’abord. Puis aux enfants. Et à moi.

Non, il n’a pas remplacé Vodka.
Il a pris place dans un espace déjà ouvert par l’amour.

Apprendre la vie… sans tout expliquer

Avoir un animal permet aux enfants d’aborder la vie avant même de pouvoir la conceptualiser :

  • la naissance,
  • l’attachement,
  • l’absence,
  • le chagrin,
  • et la continuité malgré tout.

Mes enfants voient que l’on peut aimer, perdre, pleurer… et continuer à aimer.
Ils apprennent que l’amour ne se remplace pas : il s’élargit.

Quand le deuil animal est reconnu

Après la disparition de Vodka, j’ai reçu un message du site Caats. Un message simple, humain, profondément juste.

« Nous comprenons profondément combien la disparition d’un animal de compagnie peut être une épreuve bouleversante durant laquelle on peut se sentir isolé et incompris.
C’est pourquoi nous avons créé un guide pour t’accompagner dans ce moment difficile. »

Ce message m’a marquée.
Parce qu’il reconnaissait enfin quelque chose que l’on minimise encore trop souvent : le deuil d’un animal est un vrai deuil.

Et c’est aussi cela que vivent les enfants, même s’ils ne mettent pas encore de mots dessus. Ils ressentent l’absence, les changements d’ambiance, la tristesse des adultes. Leur offrir un cadre doux, respectueux, accompagné — c’est leur permettre de grandir sans nier leurs émotions.

En conclusion

Avoir un animal quand on a des enfants, ce n’est pas seulement ajouter un compagnon à la maison.
C’est leur offrir :

  • une école de l’empathie,
  • une relation sans jugement,
  • une première expérience de l’amour inconditionnel,
  • et, parfois, une première rencontre avec la perte — accompagnée, humanisée, respectée.

Les animaux ne parlent pas.
Mais ils enseignent énormément.

Et ce qu’ils laissent dans le cœur des enfants… reste longtemps.

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