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📖 Redevenir lectrice quand on est mùre

Trouver des lieux qui accueillent, plutÎt que des méthodes qui contraignent

Il y a eu un temps oĂč lire allait de soi.
Un livre, un canapé, du silence.

Puis il y a eu la maternité.

Et avec elle :
le bruit,
les interruptions,
la fatigue,
les corps qui réclament,
les pensées fragmentées.

Pendant longtemps, j’ai cru que je n’arrivais plus à lire.

En rĂ©alitĂ©, j’essayais de lire comme avant,
dans une vie qui n’existait plus.

Lire autrement, pas moins

Aujourd’hui, je suis entourĂ©e de livres.

Des livres papier par centaines.
Une liseuse.
Des livres numériques.
Des livres audio.

Des cartes de bibliothÚque, de médiathÚque,
des accÚs étudiants.

Et pourtant, lire reste fragile.

Parce que lire n’est pas une question de supports.
C’est une question de disponibilitĂ© intĂ©rieure.

Reprendre la lecture quand on est mĂšre ne signifie pas retrouver
le silence parfait
ou le temps long d’autrefois.

Cela signifie souvent accepter que la lecture se fasse :

  • par fragments
  • par alternance
  • par dĂ©placements

Lire quelques pages.
Écouter un chapitre.
Reposer le livre.
Y revenir plus tard.

Séparer les lieux pour préserver le désir

Petit à petit, j’ai compris que je devais dissocier les espaces.

Il y a des lieux pour lire seule,
dans le calme,
sans rĂŽle Ă  tenir.

Des bibliothĂšques universitaires
oĂč la concentration est possible,
mĂȘme sur un temps court.

Des lieux oĂč l’on peut redevenir
simplement lectrice.

Et puis il y a des lieux pour lire
avec les enfants autour,
sans que cela devienne une épreuve.

La médiathÚque comme espace inclusif

C’est lĂ  que les mĂ©diathĂšques ont pris une place particuliĂšre
dans mon quotidien.

Dans les BibliothÚques-MédiathÚques de Metz,
l’enfant n’est pas perçu comme une gĂȘne Ă  faire taire,
mais comme un lecteur en devenir.

Les espaces jeunesse sont pensĂ©s pour qu’il puisse :

  • circuler
  • feuilleter
  • s’installer
  • explorer

Cette inclusion change profondĂ©ment l’expĂ©rience des parents.

Parce qu’elle rend possible quelque chose de rare :

👉 lire Ă  cĂŽtĂ© de ses enfants, et non contre eux.

Lire pendant qu’ils se dĂ©placent entre les rayons.
Lire pendant qu’ils choisissent leurs livres.
Lire sans ĂȘtre en alerte permanente.

La mĂ©diathĂšque n’est pas un sanctuaire silencieux inaccessible.
C’est un espace public bienveillant,
oĂč plusieurs rythmes peuvent coexister.

Ne plus opposer maternité et lecture

Je n’essaie plus de lire malgrĂ© mes enfants.
J’essaie de lire avec leur prĂ©sence intĂ©grĂ©e.

Ils me voient lire.
Ils m’entendent Ă©couter des histoires.

Ils comprennent que lire n’est pas un devoir,
mais une activité vivante, multiple, accessible.

De mon cĂŽtĂ©, je cesse de croire que lire doit ĂȘtre :

  • long
  • silencieux
  • sĂ©rieux

pour ĂȘtre lĂ©gitime.

Lire peut ĂȘtre :

  • fragmentaire
  • partagĂ©
  • audio
  • imparfait

Et pourtant profondément nourrissant.

Ce que j’apprends en chemin

Je n’ai pas retrouvĂ© la lectrice que j’étais avant.

Mais j’en construis une autre.

Une lectrice plus souple.
Plus incarnée.
Plus fidÚle à sa vie réelle.

Reprendre la lecture quand on est maman,
ce n’est peut-ĂȘtre pas s’extraire de sa vie.

C’est parfois simplement
pousser la porte d’un lieu qui l’accueille telle qu’elle est.

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