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💐 It Ends with Us : rompre n’est pas accuser

Je pensais regarder une romance dramatique.
J’ai vu un mĂ©canisme.

AdaptĂ© du roman de Colleen Hoover, It Ends with Us raconte l’histoire d’une femme amoureuse d’un homme brillant, intense, complexe. Rien de caricatural. Rien d’évident. Rien qui ressemble Ă  un conte moral simpliste.

Et pourtant, le film parle de violence.

Pas forcément spectaculaire.
Pas toujours visible.
Mais réelle dans ses effets.

L’amour n’est pas la sĂ©curitĂ©

Lily aime profondĂ©ment. Elle n’est ni faible ni naĂŻve. Elle choisit. Elle espĂšre. Elle pardonne.

Ce qui rend le film troublant, c’est que l’homme qu’elle aime n’est pas un monstre. Il peut ĂȘtre tendre, engagĂ©, admiratif. C’est justement cette ambivalence qui rend la situation complexe.

La violence, ici, ne surgit pas comme une évidence.
Elle s’installe dans les interstices.

Dans les justifications.
Dans les tensions minimisées.
Dans les promesses de changement.

On peut aimer quelqu’un et ne plus se sentir en sĂ©curitĂ©.
Pas nécessairement physiquement.
Mais psychiquement.
Symboliquement.

Il existe des formes de violence qui ne laissent pas de marques sur la peau.
Elles laissent du doute.
De la confusion.
Un sentiment d’effacement progressif.

L’effacement

Ce film m’a renvoyĂ©e Ă  une question simple :
À partir de quand dĂ©cide-t-on que cela suffit ?

Il existe des relations oĂč l’on ne se sent pas attaquĂ©e frontalement, mais oĂč l’on se sent peu Ă  peu rĂ©duite.

Moins visible.
Moins assumée.
Moins reconnue.

À un moment de ma vie, j’ai compris que je ne voulais plus vivre dans une relation oĂč je me sentais effacĂ©e.

Cette phrase n’est pas une accusation.
C’est une prise de conscience.

Rompre n’est pas toujours un acte contre quelqu’un.
C’est parfois un acte pour soi.

Rompre pour protéger

Dans It Ends with Us, la bascule intervient lorsque Lily devient mĂšre. Ce qu’elle aurait peut-ĂȘtre tolĂ©rĂ© pour elle-mĂȘme, elle ne peut plus l’accepter pour son enfant.

Ce point m’a profondĂ©ment marquĂ©e.

Il y a des dĂ©cisions que l’on prend par amour.
Et d’autres que l’on prend par responsabilitĂ©.

Mettre fin Ă  une relation n’est pas nĂ©cessairement un rĂšglement de comptes.
Cela peut ĂȘtre un choix de transmission.

Quel modĂšle souhaite-t-on offrir ?
Quel récit familial veut-on interrompre ?

Le titre du film prend ici tout son sens.

#MeToo et la complexité de la parole

La sortie du film s’inscrit dans un contexte oĂč la parole autour des violences est devenue centrale. Les tensions mĂ©diatiques entre Blake Lively et Justin Baldoni ont rappelĂ© Ă  quel point ces sujets sont dĂ©sormais scrutĂ©s, commentĂ©s, parfois instrumentalisĂ©s.

Le mouvement #MeToo a permis une avancée essentielle : celle de la possibilité de dire.

Mais parler ne signifie pas chercher à détruire.
Porter plainte n’est pas un geste spectaculaire.
C’est souvent une dĂ©marche lourde, intime, difficile.

On ne parle pas pour exister.
On parle parce que certaines limites ont été franchies.

Et il existe aussi des situations oĂč l’on choisit simplement de partir, sans exposer, sans dĂ©tailler, sans transformer son histoire en dossier public.

It ends with us

“It ends with us” ne signifie pas :
« Je te condamne. »

Cela signifie :
« Je choisis que cela ne continue pas. »

Mettre fin à un cycle n’est pas un acte de haine.
C’est un acte de maturitĂ©.

On peut aimer et décider de ne plus continuer.
On peut respecter et poser une frontiĂšre.
On peut protéger sans accuser.

Ce film m’a rappelĂ© que l’amour vĂ©ritable ne nous rĂ©duit pas.
Il ne nous cache pas.
Il ne nous fragilise pas.

Il nous élargit.

Et parfois, l’acte le plus courageux n’est pas de rester.
C’est de partir, sans fracas.

Simplement parce que l’on sait que cela doit s’arrĂȘter lĂ .

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