Blog, Education, Voyages

🎭 De Tintin au rĂ©el : quand le voyage change de visage

En janvier, j’écrivais ici que nous prĂ©parions un voyage en train vers l’Allemagne.
Un voyage pensĂ© comme une aventure europĂ©enne : Tintin, la BD, la transmission, le carnaval d’Aachen.

Nous devions y retrouver ma tante.
Les enfants comptaient les jours.

Et puis les faits ont changé.

🌍 L’Iran n’est jamais trùs loin

Les récents événements en Iran ont rendu les communications difficiles.
Pendant plusieurs jours, nous n’avons pas rĂ©ussi Ă  joindre Shoko joon.

Internet coupé.
Silence.
Attente.

Quand enfin nous avons pu échanger, la nouvelle est tombée :
malgrĂ© son billet d’avion, elle ne pourra pas rentrer en Allemagne.

Il y a des moments oĂč la gĂ©opolitique entre dans la cuisine familiale sans prĂ©venir.

💔 “Mais on aime bien Shoko joon
”

Quand j’ai annoncĂ© la nouvelle aux enfants, ils ont d’abord cru que je plaisantais.

Puis ils ont compris.

Ils ont pleuré.

Et l’un d’eux a dit, avec cette sincĂ©ritĂ© dĂ©sarmante :

— Mais on aime bien Shoko joon


Comment expliquer à des enfants que parfois, avoir un billet d’avion ne suffit pas ?
Que les frontiĂšres ne sont pas seulement des lignes sur une carte ?

Ils avaient déjà imaginé les confettis avec elle.

À cet instant-lĂ , le carnaval a changĂ© de couleur.

🚆 Annuler, rĂ©ajuster, continuer

Nous avions prévu :

  • une escapade en Belgique,
  • un week-end Ă  Baden-Baden,
  • un carnaval transfrontalier en famille.

J’ai tout annulĂ©.

Non pas par renoncement.
Mais parce qu’il fallait revenir à l’essentiel.

J’avais dĂ©jĂ  achetĂ© le Deutschlandticket pour le mois.
Alors j’ai dĂ©cidĂ© de maintenir le carnaval d’Aachen.
J’ai rĂ©servĂ© une chambre en auberge de jeunesse.

Pas pour remplacer Shoko joon.
Rien ne la remplace.

Mais pour montrer aux enfants qu’on peut adapter la route sans abandonner le mouvement.

🎉 Aller Ă  Aachen quand mĂȘme

Le carnaval d’Aachen aura lieu.
Sans elle.
Mais avec nous.

Ce ne sera pas le voyage imaginé.
Ce sera un autre récit.

Peut-ĂȘtre plus sobre.
Peut-ĂȘtre plus vrai.

đŸ‡ȘđŸ‡ș L’Europe, Ă  hauteur d’enfant

Je vis entre Metz et la Sarre.
Je rĂȘve d’une Ă©cole française Ă  Aachen.

Entre ces villes, il y a des trains, des dialectes, des projets.

Mais il y a aussi l’Iran.

Toujours.

La révolution de 1979 a inscrit dans ma famille une culture du départ.
Une conscience que la mobilitĂ© peut ĂȘtre un choix
 ou une contrainte.

Mes enfants découvrent cela à travers une absence.
À travers des larmes.
À travers une phrase simple :

— Mais on aime bien Shoko joon.

C’est peut-ĂȘtre ça, la transmission :
ne pas cacher la complexité du monde,
mais continuer Ă  marcher dedans.

🧳 Une semaine autrement

AprĂšs Aachen, nous resterons en Sarre.
Des musées locaux.
Des balades.
Des sorties simples.

Pas de Belgique.
Pas de Baden-Baden.

Mais une Europe vécue, réelle, imparfaite.

Cet article n’annule pas le prĂ©cĂ©dent.
Il le complĂšte.

PrĂ©parer un voyage, c’est imaginer.
Le vivre, c’est accepter l’imprĂ©visible.

Et parfois, derriĂšre un billet de train,
il y a des enfants qui pleurent parce qu’ils aiment leur tante.

Et une mĂšre qui apprend, elle aussi, Ă  continuer.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *