Résilience & Transmission, Tous les articles

🌿 Vers la fin de la fluoxĂ©tine aprĂšs 2 ans et demi : santĂ© mentale, reconstruction et nouveau dĂ©part

Il y a des dĂ©cisions qu’on prend en silence.
Et d’autres qu’on dĂ©cide de nommer.

AprĂšs deux ans et demi de traitement, j’envisage une diminution progressive de la fluoxĂ©tine.

L’arrĂȘt complet est prĂ©vu dans les mois Ă  venir, toujours accompagnĂ© mĂ©dicalement.

Ce n’est pas un “retour à la normale”.
Ce n’est pas un rejet de la mĂ©decine.
Ce n’est pas non plus une victoire spectaculaire.

C’est une Ă©tape.

Et j’ai envie d’en parler.

💊 Prendre un antidĂ©presseur n’est pas une honte

Je l’écris clairement :

Prendre un antidĂ©presseur n’est pas un Ă©chec moral.
Ce n’est pas une faiblesse.
Ce n’est pas un manque de volontĂ©.

Il y a des pĂ©riodes de vie oĂč l’on tient debout uniquement parce qu’on accepte d’ĂȘtre aidĂ©e.

La fluoxĂ©tine m’a permis :

  • de stabiliser mes Ă©motions
  • de retrouver un minimum d’élan
  • de fonctionner au quotidien
  • de ne pas sombrer

Elle a réglé le problÚme en surface.
Et parfois, c’est dĂ©jĂ  Ă©norme.

🧠 Mais un traitement ne remplace pas le travail en profondeur

Trùs vite, j’ai compris une chose :

Un médicament peut stabiliser.
Il ne peut pas réparer.

Depuis prĂšs de trois ans, je suis suivie par une psychologue au Centre Pierre Janet.
Avant cela, j’ai dĂ©jĂ  Ă©tĂ© accompagnĂ©e dans d’autres structures.

Et rĂ©cemment, j’ai choisi de me tourner vers une psychologue spĂ©cialisĂ©e dans le trauma et les violences faites aux femmes.

Parce que certaines blessures ne se taisent pas avec un comprimé.

Elles demandent :

  • du temps
  • de la sĂ©curitĂ©
  • de la parole
  • un espace thĂ©rapeutique adaptĂ©

⚖ Perte de poids, reprise de poids : le corps parle aussi

Sous traitement, j’ai perdu une quinzaine de kilos.

Puis je les ai repris.

Pas par “laisser-aller”.
Mais Ă  cause de troubles alimentaires qui ne se rĂšglent pas par la restriction.

Le corps est un baromÚtre émotionnel.
Il stocke.
Il protĂšge.
Il compense.

Aujourd’hui, je refuse de rĂ©duire cette pĂ©riode Ă  une question esthĂ©tique.

Mon poids a varié.
Ma santé mentale, elle, était prioritaire.

🌍 Ces derniers mois : un cumul de changements

Expatriation.
Travail frontalier.
Fatigue chronique.
MÚre célibataire.
Nouveaux modes de garde.
Réorganisation permanente.

Ce ne sont pas de “petits ajustements”.

Ce sont des transitions majeures.

Et parfois, on tient en apparence
 mais intérieurement, on encaisse.

đŸŒ· Pourquoi envisager l’arrĂȘt maintenant ?

Parce que je ne suis plus dans le mĂȘme Ă©tat.

Le printemps arrive.
Je me sens plus stable.
Plus ancrée.
Plus capable d’assumer mes Ă©motions sans bĂ©quille chimique.

Cela ne veut pas dire que je n’en aurai plus jamais besoin.

Cela veut dire qu’aujourd’hui, je me sens prĂȘte Ă  essayer progressivement autrement. Toujours accompagnĂ©e.
Toujours suivie.
Toujours prudente.

đŸ’Ș Reprendre possession de mon corps

Le mois dernier, j’ai repris la salle de sport.

Pas pour “effacer” des kilos.

Mais pour :

  • me sentir forte
  • retrouver de la densitĂ©
  • rĂ©habiter mon corps

Je prévois aussi de retourner à la piscine.

J’ai obtenu l’accrĂ©ditation pour accompagner les sorties piscine scolaires en novembre 2023 (renouvelable tous les trois ans).
Ce printemps, j’accompagnerai la classe de l’un de mes fils, puisque je me suis proposĂ©e pour le faire.

Revenir à la piscine est donc une évidence.
Je veux me sentir à l’aise dans l’eau, mais aussi dans mon corps.
Présente. Stable. Sereine.

Ce n’est pas une transformation spectaculaire.

C’est une reconstruction progressive.

🌿 Message important

Si tu traverses une période compliquée :

  • demander de l’aide n’est pas une honte
  • prendre un traitement n’est pas un aveu d’échec
  • consulter n’est pas “ĂȘtre faible”

La santé mentale est une santé à part entiÚre.

On consulte pour un dos bloqué.
Pourquoi pas pour une charge émotionnelle trop lourde ?

✹ Ce que j’apprends

On ne “guĂ©rit” pas une vie complexe en surface.
On apprend Ă  l’habiter diffĂ©remment.

Aujourd’hui, je ne cherche pas la performance.
Je cherche l’équilibre.

Je ne cherche pas la perfection.
Je cherche la stabilité.

Et peut-ĂȘtre que l’amour-propre commence lĂ  :

Quand on accepte d’avoir eu besoin d’aide.
Et qu’on choisit de continuer à avancer, autrement.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *