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Ce que le loup mal aimé m’a rappelé sur la parentalité, la nourriture et le réel

J’ai montré une publicité à mes enfants.
Une histoire de loup, mal aimé, mal compris, rejeté avant même d’avoir pu exister autrement que par la peur qu’il inspire.

Quand les autres animaux se sont enfuis à sa vue, Arthur s’est inquiété pour lui.
Il a senti la solitude, l’injustice, l’abandon.

Et quand, à la fin, le loup a partagé son repas fait maison avec tous les animaux de la forêt, Marius a souri.
Ce geste-là, simple et silencieux, l’a profondément touché.

Ils ne m’ont pas demandé d’éteindre.
Ils m’ont demandé de revoir.

Il s’agissait du spot Le loup mal aimé de Intermarché.
Un conte moderne, bref, mais étonnamment fin dans ce qu’il raconte de l’exclusion et de la réparation.

Laisser les enfants ressentir, chacun à sa manière

En tant qu’adulte, on a souvent ce réflexe de protection :
éviter ce qui pourrait attrister, filtrer les émotions, maintenir une forme de légèreté artificielle.

Mais les enfants n’entrent pas dans les histoires de la même façon que nous.
Ils n’y cherchent pas une morale.
Ils y cherchent une place émotionnelle.

Arthur a vu l’injustice.
Marius a vu le partage.

L’un a ressenti la peur de l’abandon,
l’autre la beauté du geste final.

Et aucun des deux n’a été submergé.
Au contraire : chacun a trouvé quelque chose de juste pour lui.

Une parentalité qui n’anesthésie pas

Je ne crois pas qu’il faille protéger les enfants de toute émotion.
Je crois qu’il faut les accompagner à l’intérieur de ce qu’ils ressentent.

Je ne cherche pas à élever des enfants « forts » au sens dur ou résistant.
Je cherche à élever des enfants capables de ressentir sans se perdre,
de regarder sans juger trop vite,
de comprendre que derrière une apparence inquiétante peut se cacher une intention douce.

Cette manière d’être parent traverse aussi un autre pan très concret de notre quotidien : l’alimentation.

Mon rapport à la viande : un ajustement, pas un manifeste

Je suis flexitarienne, sans jamais l’avoir revendiqué comme une identité.
Je n’aime pas beaucoup la viande, surtout par goût.
Je suis attachée aux animaux, profondément, mais sans discours militant.

À Berlin, j’avais envie d’explorer davantage la cuisine végétarienne.
L’Allemagne — comme l’Angleterre ou la Belgique — offre d’ailleurs bien plus de possibilités végétariennes et véganes qu’en France.

Mais mon séjour berlinois a été marqué par une réalité plus brute :
une situation financière instable, une grande fatigue, une absence de sécurité.

Quand on ne sait pas si l’on pourra rester,
quand chaque dépense est comptée,
quand l’énergie mentale est déjà absorbée par le quotidien,
on ne mange pas pour le plaisir.
On mange pour tenir.

À Berlin, j’ai pensé fonctionnel avant de penser gustatif.
Pas par choix idéologique.
Par nécessité.

Quand le corps rappelle le réel

J’ai récemment publié un article sur ma carence en fer.
Elle est en partie liée à cette alimentation pauvre en viande, mais aussi au stress, à l’épuisement, à la précarité.

Mon corps m’a rappelé quelque chose d’essentiel :
nos choix doivent rester compatibles avec nos besoins.

Là encore, aucun héroïsme.
Juste un réajustement.

Ne pas faire porter ses limites à ses enfants

Je ne veux pas que mes goûts, mes fatigues ou mes contraintes deviennent les leurs.
Je ne veux pas que mes choix alimentaires restreignent leur découverte.

À la maison, nous mangeons peu de viande.
Mais mes enfants sont inscrits systématiquement à la cantine.

Pour avoir travaillé deux ans en restauration scolaire, je connais la qualité et l’équilibre des repas proposés par la Ville de Metz.
La cantine leur permet de goûter à des aliments que j’ai parfois du mal à consommer moi-même, sans tension, sans injonction.

Ce n’est pas un renoncement.
C’est une responsabilité assumée.

Le fil rouge

Que ce soit devant l’histoire d’un loup mal aimé ou autour d’une table,
je crois à la même chose :

Ne pas transformer les contraintes en idéologie.
Ne pas masquer le réel derrière des postures.
Faire de la place à l’émotion, au corps, aux limites — sans les nier.

Arthur m’a rappelé l’importance de ne pas détourner le regard de l’injustice.
Marius m’a rappelé la puissance d’un geste simple, offert sans discours.

Et moi, ce jour-là, j’ai compris une chose :
la parentalité n’est pas une démonstration.

C’est une recherche de justesse.

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