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✍️ Demander de l’aide, sans renoncer à soi

Il y a des aides qui passent dans nos vies sans qu’on les saisisse vraiment.

On les entend.
On les comprend vaguement.
Et puis on continue.

Pendant ma grossesse, on m’avait parlé d’une TISF — une technicienne de l’intervention sociale et familiale.

À l’époque, j’étais en train de devenir mère.
Dans l’urgence, dans l’élan, dans cette idée un peu tenace que j’allais m’en sortir seule.

J’ai écouté.
Mais je ne me suis pas sentie concernée.

👶 Une première expérience, dans un autre moment de vie

Et pourtant, quelques mois plus tard, j’y ai eu recours.

Entre fin 2020 et début 2022, des TISF sont intervenues à mon domicile.

Mes enfants étaient encore bébés.
Le quotidien était dense, physique, parfois déroutant.

Mais je n’avais pas encore le même regard.

J’étais plongée dans les débuts de la maternité,
dans une forme d’adaptation permanente,
sans vraiment prendre le temps de mesurer ce que cette aide représentait.

🔁 Revenir… autrement

Les années ont passé.

À la fin de ma reprise d’études, l’an dernier, j’ai ressenti à nouveau le besoin d’être accompagnée.

Avec mon assistante sociale, nous avons monté un dossier de demande de prise en charge.

Mais entre les délais, les disponibilités… et notre départ pour Berlin,
tout s’est arrêté avant même d’avoir commencé.

À notre retour, il a fallu recommencer.

Refaire une demande.
Repasser par le département.
Reconstituer un dossier.

Avec, presque, les mêmes éléments que l’année précédente.

⏳ Le décalage entre les vies et les dispositifs

Ces démarches demandent du temps, de la disponibilité, de la stabilité.

Tout ce dont on manque précisément quand on en a le plus besoin.

Alors on s’adapte.
On reporte.
On recommence.

🧭 Apprendre à faire seule

Entre-temps, j’ai appris à tenir seule.

Pas de manière fluide ou évidente.
Plutôt par nécessité.

Parce que tenir un quotidien, seule avec des enfants,
ça ne s’improvise pas.

Je suis quelqu’un de créative.
Et aussi, assez désordonnée.

J’ai longtemps pensé que l’organisation viendrait d’elle-même,
ou qu’elle se construirait au contact des autres.

Mais j’ai dû trouver mes propres repères.

🎨 Trouver son propre équilibre

Aujourd’hui, ce n’est toujours pas parfait.

Mais ce n’est plus le même regard.

Je m’inspire autrement.
De personnes qui, elles aussi, vivent entourées de beaucoup de choses, d’idées, de matière…
et qui réussissent malgré tout à créer un équilibre.

Des espaces vivants, sans être envahis.

🌿 Et puis, ça recommence

Aujourd’hui, les interventions viennent de débuter à nouveau.

Et cette fois, je les vis différemment.

Peut-être parce que les services ont évolué.
Peut-être parce que moi, j’ai changé.

Mes grosses fatigues de ces derniers mois ne disparaissent pas d’un coup.

Mais elles se stabilisent.

Parce que, pour la première fois depuis longtemps,
je ne me sens plus complètement seule pour tenir le quotidien.

🤍 Une autre manière de tenir

Demander une TISF, ce n’est pas revenir en arrière.

Ce n’est pas non plus renoncer à savoir faire seule.

C’est reconnaître qu’on a déjà tenu.
Et choisir de ne plus tout porter sans relais.

Je crois que c’est ça, au fond.

Pas abandonner ce qu’on a construit.
Mais accepter d’y ajouter du soutien.

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