Cette semaine, j’ai eu l’opportunité de participer à une journée de formation avec mes collègues dans l’école où j’interviens en Allemagne.
Ces moments hors de la classe sont toujours intéressants. Ils permettent de prendre du recul, d’échanger des idées et de réfléchir à d’autres façons d’enseigner. Au fil de la journée, un thème revenait régulièrement dans les discussions et dans les ressources pédagogiques mises à disposition : la place du mouvement dans les apprentissages.
Une école qui fait bouger les élèves
Dans plusieurs ouvrages consultables pendant la formation, on retrouve l’idée de la Bewegte Schule, que l’on pourrait traduire par « l’école en mouvement ».
Le principe est simple : intégrer de courtes activités physiques dans les apprentissages quotidiens afin de favoriser la concentration, la coordination et l’engagement des élèves.
Plutôt que de limiter l’activité physique au seul cours d’EPS, certaines approches pédagogiques proposent de faire entrer le mouvement directement dans les autres disciplines. Quelques minutes de déplacement, de gestes ou de jeux moteurs peuvent suffire à relancer l’attention des élèves et à rendre les apprentissages plus dynamiques.
Apprendre en bougeant
Cette idée m’a particulièrement intéressée, car elle rejoint certaines pratiques que nous expérimentons déjà en classe.
Avec une collègue, nous avons réfléchi à des activités permettant d’associer apprentissage du français et mouvement. L’objectif est de transformer certaines notions linguistiques en petits jeux corporels.
Par exemple, lorsque nous travaillons le vocabulaire des animaux ou des fruits et légumes, les élèves peuvent associer un geste ou un déplacement à chaque mot. Cela permet de mobiliser à la fois la mémoire, l’attention et la coordination.
Nous avons aussi imaginé des exercices mêlant langage et repérage mathématique : pour un nombre donné, les élèves peuvent lever les bras si le nombre est supérieur à une valeur donnée, ou fléchir les genoux s’il est inférieur. Une manière simple de faire travailler plusieurs compétences en même temps.
Préparer les prochaines séances
Durant les temps de formation qui ne concernaient pas directement notre groupe, nous en avons également profité pour préparer les prochaines séances destinées aux élèves de 2. Klasse.
Nous travaillons actuellement autour du vocabulaire des animaux et des émotions. L’idée est de permettre aux élèves d’associer les mots à des gestes, des expressions ou de petites mises en mouvement. Un animal peut être imité par un déplacement particulier, tandis qu’une émotion peut être exprimée par une posture ou une expression corporelle.
Ce type d’activité rend l’apprentissage du vocabulaire plus vivant et plus concret, tout en mobilisant la mémoire corporelle des élèves.
Explorer les projets franco-allemands
Entre deux échanges, j’en ai également profité pour parcourir les appels à projets et workshops proposés par l’Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ). Ces initiatives proposent régulièrement des rencontres, des ateliers artistiques ou des formations autour de projets éducatifs franco-allemands. Pour quelqu’un qui travaille justement à la croisée de ces deux systèmes éducatifs, ces programmes ouvrent souvent de nouvelles pistes de réflexion et de collaboration.
Prendre le temps d’observer
Les journées de formation sont aussi l’occasion de prendre un peu de recul sur sa pratique. Observer d’autres approches pédagogiques, échanger avec ses collègues et découvrir de nouvelles ressources permet parfois de faire émerger des idées très simples… comme celle d’apprendre en bougeant.
Une approche qui trouve naturellement sa place dans une pédagogie tournée vers :
- la curiosité
- l’expérimentation
- les échanges entre cultures éducatives.
📚 Repère pédagogique — Mouvement et apprentissages à l’école primaire (CRPE)
La place du mouvement dans les apprentissages n’est pas propre au système éducatif allemand. En France aussi, plusieurs dispositifs encouragent l’activité physique à l’école primaire.
Depuis 2022, l’Éducation nationale déploie notamment le programme « 30 minutes d’activité physique quotidienne » (APQ) dans les écoles élémentaires. L’objectif est de favoriser le bien-être, la concentration et le développement moteur des élèves en intégrant de courtes activités physiques au cours de la journée.
Ces moments peuvent prendre différentes formes :
- jeux moteurs rapides dans la cour ou en classe
- pauses actives entre deux activités
- parcours de motricité
- activités associant mouvement et apprentissages disciplinaires.
Les programmes scolaires rappellent également que le développement de la motricité et l’engagement corporel des élèves participent à la construction des apprentissages, notamment dans les cycles 1 et 2.
Dans ce contexte, certaines approches pédagogiques cherchent à associer plus directement langage, cognition et mouvement, rejoignant ainsi l’idée développée dans les écoles allemandes de la Bewegte Schule (« école en mouvement »).
💡 En tant qu’étudiante préparant le CRPE, ces observations nourrissent également ma réflexion sur la place du corps dans les apprentissages et sur les ponts possibles entre différentes cultures éducatives européennes. En fin de compte, l’intégration du mouvement dans les apprentissages est une pratique qui nous enrichit en tant qu’éducateurs et nous rappelle que l’école doit aussi être un lieu où le corps prend sa place pour soutenir l’esprit.

