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L’Odyssée, mon road trip en Méditerranée et le chemin du retour vers moi-même

Un vendredi soir, je suis allée voir L’Odyssée au cinéma.

Je m’attendais à redécouvrir l’une des plus grandes épopées de la littérature. À retrouver Ulysse, Pénélope, les dieux, les tempêtes et ce long voyage vers Ithaque.

En sortant de la salle, pourtant, ce n’est pas à la Grèce antique que je pensais.

Je repensais à mon propre voyage.

À ces huit jours passés seule sur les routes de la Méditerranée. À Lyon, Marseille, Montpellier, Palavas, Barcelone et Carcassonne. À tous ces kilomètres parcourus qui, sans que je m’en rende compte sur le moment, m’avaient transformée.

J’ai compris que le voyage d’Ulysse n’était pas seulement un retour vers Ithaque. C’était le retour d’un homme que vingt années de guerre avaient profondément changé.

Je crois que nous avons tous une Ithaque.

Ce n’est pas toujours une île.

Parfois, c’est cet endroit intérieur où l’on finit par se retrouver.

Ces derniers mois, je vivais avec cette étrange impression d’avancer en pilote automatique.

Je continuais à travailler, à élever mes enfants, à écrire, à voyager.

J’avançais.

Mais je ne me sentais plus vraiment présente à moi-même.

Je n’arrivais pas à expliquer pourquoi.

Alors, cet été, je suis partie.

Huit jours.

Seule.

De Lyon à Marseille, de Montpellier à Barcelone, jusqu’à Carcassonne, la Méditerranée a été le fil conducteur de ce voyage.

Je pensais partir découvrir des villes.

En réalité, j’avais surtout besoin de retrouver du silence.

Le silence d’un lever de soleil sur la plage.

Le silence d’un musée.

Le silence d’un trajet en train où personne n’attend rien de vous.

Le silence d’une terrasse où l’on s’assoit simplement pour regarder la vie passer.

Pendant quelques jours, je n’avais plus rien à prouver.

Seulement à être là.

Je ne suis pas revenue avec des certitudes.

Je suis revenue avec une sensation.

Celle de retrouver peu à peu une femme que j’avais laissée s’effacer derrière les responsabilités, les habitudes et le rythme du quotidien.

Depuis mon retour, j’ai envie de prendre davantage soin de moi.

De ma santé.

De mon corps.

De ma peau.

De mes cheveux.

Non pas pour correspondre à un idéal.

Mais parce que j’ai envie d’habiter pleinement la vie qui est la mienne.

L’Odyssée m’a rappelé que les plus grands voyages ne sont pas toujours ceux qui nous emmènent le plus loin.

Ce sont ceux qui nous permettent de rentrer autrement.

Je ne crois pas que l’on retrouve un jour exactement la personne que l’on était.

Les épreuves nous changent.

Le temps nous change.

Les voyages nous changent.

Mais ils peuvent aussi nous aider à retrouver notre cap.

Je ne suis probablement pas encore arrivée à Ithaque.

Et peut-être que personne n’y arrive vraiment.

Mais, pour la première fois depuis longtemps, j’ai le sentiment de naviguer dans la bonne direction.

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