🎂 36 ans.
Cette année, je n’ai pas organisé une grande fête.
Je me suis offert quelques jours pour ralentir.
Tout a commencé par un imprévu : mon train a été annulé à cause de la canicule. Me voilà partie en FlixBus pour traverser la France jusqu’à Toulouse.
Avant cela, une escale à Paris chez une amie. Un curry caribéen végétarien préparé spécialement pour moi, une forêt noire, puis une soirée à discuter jusqu’à quatre heures du matin. Harry Potter attendra.
À Toulouse, j’ai retrouvé ma meilleure amie.
Nous avons improvisé le programme au fil de la météo : les salins roses, la mer, la plage, les cheveux mouillés, les rires et les paysages du Sud.
Le samedi soir, veille de mon anniversaire, nous avons partagé un apéritif sur sa terrasse. Un verre de Jurançon moelleux, la douceur d’une soirée d’été et cette impression que le temps pouvait enfin ralentir.
Le dimanche, jour de mes 36 ans, nous avons préparé un pique-nique. Nous nous sommes installées au bord de la rivière, à Clermont-le-Fort, les pieds dans l’eau pour nous rafraîchir sous la chaleur. C’est probablement l’un des souvenirs les plus paisibles de tout le week-end.
Puis j’ai repris le train pour Cahors.
Mon père et mon frère m’attendaient.
Nous sommes allés dans un restaurant asiatique à volonté. J’ai composé mon assiette au gré de mes envies : des bouchées aux crevettes, quelques sushis, des frites de patates douces… et je me suis laissée tenter par de petites pâtisseries. Ce n’était pas un repas gastronomique, mais un repas de fête, simple et convivial.
Mon père m’a offert un album de Yoko Tsuno. Cette héroïne faisait déjà partie de mon enfance. Aujourd’hui, elle m’accompagne dans le train du retour. Et comme le tome allemand Zwillinge n’est jamais arrivé lorsqu’il avait voulu me l’offrir, je crois que je vais me lancer à sa recherche.
Mon frère, lui, m’a offert des roses LEGO et une clé USB contenant Two of a Kind et So Little Time.
Le plus drôle ? J’avais téléchargé ces deux séries quelques jours auparavant par nostalgie, sans qu’il le sache.
Le lendemain, entre Cahors et Paris, j’ai ouvert Yoko Tsuno en sirotant un cappuccino pendant que les paysages défilaient derrière la vitre.
Puis je suis allée retrouver Arthur et Marius.
Pendant tout le voyage, ils n’ont jamais été très loin de moi.
Arthur m’avait confié un abricot.
Marius une pomme.
Deux petits fruits glissés dans mon sac avant le départ, comme une façon de m’accompagner pendant ces quelques jours.
Mais ce voyage avait une autre particularité.
C’était le premier anniversaire que je passais loin d’eux.
Je ne savais pas vraiment comment j’allais le vivre. Et finalement, je crois que cette parenthèse était exactement ce dont j’avais besoin.
Ce n’est pas la première fois que je le constate : quelques jours loin d’Arthur et Marius me font un bien fou.
Pendant longtemps, j’ai presque eu honte de le penser. Comme si être une « bonne mère » signifiait ne jamais avoir besoin de souffler.
Aujourd’hui, je vois les choses autrement.
J’aime profondément Arthur et Marius. Ils occupent une place immense dans ma vie. Mais je suis aussi une femme qui aime voyager, écrire, lire, découvrir de nouveaux endroits, prendre le train sans regarder l’heure, improviser une escapade ou passer des heures à discuter avec une amie.
Ces quelques jours me permettent de retrouver cette partie de moi.
Et je remarque toujours la même chose : plus je prends soin de moi, plus nos retrouvailles sont belles.
Je rentre plus sereine.
Plus disponible.
Plus apaisée.
Comme si cette respiration me permettait d’être davantage présente lorsqu’ils sont avec moi.
Ils repartiront bientôt passer une partie des vacances chez leurs grands-parents.
De mon côté, je réfléchis déjà à une nouvelle escapade. Peut-être Lyon. Peut-être Marseille. Peut-être même Barcelone. Rien n’est encore décidé, mais l’idée de repartir quelques jours me réjouit déjà.
Et à leur retour, j’aimerais que nous repartions, cette fois tous les trois.
Pourquoi ne pas nous initier au surf ? L’idée me fait sourire. Je nous imagine déjà tomber dans les vagues, rire de nos maladresses et rentrer épuisés, mais heureux.
Ces prochaines semaines, L’amour propre va lui aussi prendre un rythme plus doux. Les vacances scolaires sont l’occasion de lever un peu le pied, de vivre davantage et de remplir mon carnet de nouveaux souvenirs.
Je continuerai bien sûr à partager mes petites aventures, mes lectures, mes découvertes et quelques coulisses sur les réseaux sociaux. Si le blog se fait un peu plus discret pendant l’été, ce n’est pas parce que les histoires s’arrêtent. C’est simplement parce qu’elles sont en train de s’écrire.
Alors, si l’envie vous dit de poursuivre le voyage avec moi cet été, c’est sur les réseaux sociaux que nous nous retrouverons le plus souvent.
À la rentrée, je retrouverai avec plaisir le clavier pour leur donner toute la place qu’elles méritent.
À 36 ans, je crois que je n’ai plus envie d’opposer les choses.
Je n’ai plus envie de choisir entre être mère et être femme.
Je peux être les deux.
Prendre soin de moi ne m’éloigne pas de mes enfants. Au contraire, cela me permet de revenir vers eux avec encore plus d’amour, de disponibilité et d’énergie.
Et finalement, c’est peut-être cela, le plus beau cadeau que je pouvais me faire pour mes 36 ans.
Bel été à vous.
Prenez soin des personnes que vous aimez… sans oublier de prendre soin de vous.


« Pendant longtemps, j’ai presque eu honte de le penser. Comme si être une « bonne mère » signifiait ne jamais avoir besoin de souffler. »
Mais tu es une excellente maman, Nathalie !