Identité & Europe, Résilience & Transmission, Tous les articles

Pourquoi je vise aujourd’hui un master en alternance plutôt qu’une école “plein tarif”

Pendant longtemps, j’ai eu l’impression que mon parcours était décousu.
Comme beaucoup de personnes ayant connu des interruptions d’études, des difficultés administratives ou des problèmes de santé, j’avais parfois le sentiment d’avancer par fragments plutôt que selon une trajectoire linéaire et rassurante.

Pourtant, avec le recul, je crois que mon parcours raconte surtout autre chose : la manière dont une reprise d’études peut devenir un véritable travail d’équilibriste lorsque l’on est adulte, parent, frontalier, et que l’on ne dispose pas des ressources financières permettant de “se réinventer” facilement.

Reprendre ses études quand on n’a pas un capital illimité

Ces dernières années, j’ai progressivement construit un projet mêlant langues, mobilité européenne, entrepreneuriat culturel et enseignement.

Après une période de précarité durant laquelle j’ai notamment été demandeuse d’emploi au RSA, j’ai pu reprendre mes études grâce à plusieurs leviers institutionnels : une admission en licence via une VAPP, la possibilité d’étudier en formation initiale plutôt qu’en formation continue, ainsi que l’obtention de la bourse Talents.

Sans ces dispositifs, je n’aurais probablement pas pu reprendre un cursus universitaire.

Car un point reste souvent peu abordé lorsque l’on parle de “reprise d’études” : son coût.

Même à l’université, la formation continue peut rapidement devenir très onéreuse. Intégrer une licence en formation initiale m’a donc permis de rendre ce projet envisageable économiquement, malgré un parcours universitaire chaotique.

La VAPP a également constitué une véritable seconde chance. Elle m’a permis de faire reconnaître mon expérience et mes compétences, malgré un parcours qui ne correspondait plus totalement aux trajectoires universitaires classiques.

Une année compliquée, mais pas un abandon

Cette année universitaire a néanmoins été particulièrement difficile sur le plan de la santé.

J’ai donc demandé un redoublement de troisième année de licence, tout en multipliant les candidatures sur eCandidat, dans une logique assez proche de Parcoursup : ouvrir plusieurs possibilités afin d’éviter de rester bloquée administrativement.

Dans le même temps, j’ai été reconduite comme assistante de langue française en Allemagne. Cette continuité professionnelle a profondément modifié ma manière d’envisager la suite de mon parcours.

Pendant longtemps, je pensais devoir absolument “rattraper” mon allemand pour être légitime dans un environnement franco-allemand. Aujourd’hui, je réalise que mon quotidien professionnel est déjà profondément international.

Et surtout : dans de nombreuses formations européennes, notamment en école de commerce, l’anglais reste la principale langue de travail.

Pourquoi Berlin reste dans un coin de ma tête

Depuis plusieurs mois, j’envisage de repasser le Concours Lorrain 2 afin de tenter une admission à l’ICN, notamment pour son campus berlinois.

Les cours du Programme Grande École y sont dispensés en anglais, ce qui correspond finalement assez bien à mon profil actuel : une pratique quotidienne du français et de l’anglais dans un environnement transfrontalier, tout en continuant à améliorer progressivement mon allemand sur le terrain.

Je ne sais pas encore quelles candidatures aboutiront, ni quelle forme prendra exactement la suite de mon parcours universitaire. J’ai également candidaté dans plusieurs formations franco-allemandes, sans forcément vouloir communiquer publiquement tous les détails à ce stade.

Mais une chose est certaine : je ne peux pas envisager une école de commerce “plein tarif”.

Pourquoi je vise un PGE en alternance

Le Programme Grande École en alternance représente aujourd’hui, dans ma situation, la solution la plus cohérente.

Le PGE1 étant accessible uniquement en formation initiale, le PGE2 en alternance apparaît comme une voie beaucoup plus réaliste financièrement.

Lorsque l’on reprend des études à l’âge adulte, il faut penser simultanément :

  • le coût de la formation,
  • les revenus,
  • les enfants,
  • les déplacements,
  • le logement,
  • les démarches administratives,
  • et la continuité professionnelle.

On ne choisit pas simplement une école.
On essaie de construire un équilibre viable.

L’alternance permet justement cela : continuer à travailler, acquérir de l’expérience, conserver une forme d’autonomie financière et éviter de replonger dans une précarité étudiante difficilement soutenable après plusieurs années de vie active.

Construire une trajectoire à partir de fragments

Pendant longtemps, j’ai vu mon parcours comme une succession de détours.

Aujourd’hui, je crois plutôt qu’il ressemble à une trajectoire européenne construite progressivement à partir de fragments : enseignement, mobilité, création, entrepreneuriat, langues, projets culturels, précarité parfois aussi.

Ce n’est peut-être pas le chemin le plus linéaire vers une école de commerce.

Mais c’est probablement celui qui me ressemble le plus.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *