Depuis plusieurs mois, le prix du carburant revient régulièrement dans les conversations. Beaucoup de travailleurs s’inquiètent de voir le plein d’essence devenir une dépense de plus en plus lourde dans leur budget mensuel.
Pour ma part, la situation est un peu différente : je n’ai pas encore passé le permis.
Cela pourrait apparaître comme un handicap. Pourtant, avec le temps, j’ai appris à organiser mes déplacements autrement.
Une période de transition
Ces derniers mois ont marqué une transition importante dans ma vie professionnelle. Après une période au RSA, j’ai repris une activité grâce au programme des assistants de langue à l’étranger, géré par France Éducation International (FEI).
Ce programme permet à des étudiants de travailler dans un établissement scolaire à l’étranger pendant une année. C’est une expérience très riche, mais elle s’accompagne aussi d’un statut particulier.
Pour pouvoir participer au programme, il faut être inscrit dans un cursus universitaire. Je suis donc actuellement étudiante, ce qui me permet de continuer à travailler comme assistante de langue.
En revanche, ce statut a aussi certaines conséquences administratives. Par exemple, les étudiants ne peuvent pas bénéficier de la prime d’activité.
Comme beaucoup de personnes dans une période de transition professionnelle, j’ai donc cherché un complément de revenus.
Chercher un complément de revenus
En réfléchissant à mon parcours et à mes études, je me suis tournée vers le soutien scolaire.
J’ai envoyé une candidature à un organisme spécialisé et j’ai passé des tests de niveau. Les résultats ont montré que je pouvais accompagner des élèves en français et en mathématiques, de l’école élémentaire jusqu’à la classe de troisième.
Une nouvelle étape commençait.
Ne pas se limiter à sa ville
Chercher des élèves implique souvent de se déplacer. Plutôt que de me limiter à Metz, j’ai décidé d’accepter des propositions dans les villes voisines, à condition qu’elles soient desservies par le train ou le bus.
Cela demande un peu d’organisation, mais ce n’est pas impossible.
J’ai pris l’habitude de me déplacer avec mon vélo pliable, qui me permet de parcourir facilement les derniers kilomètres une fois descendue du train ou du bus.
Ce petit vélo est devenu un allié précieux : il me permet de relier une gare à un quartier résidentiel, ou simplement de gagner du temps dans mes trajets.
Le rôle des transports publics
Dans la région Grand Est, il existe des dispositifs qui facilitent l’accès au train pour les personnes aux revenus modestes.
La carte TER Solidaire permet par exemple de bénéficier de tarifs réduits sur les trajets régionaux. Mes enfants en ont également une, puisque les billets deviennent payants pour les enfants à partir de quatre ans.
Ces aides restent parfois méconnues, mais elles peuvent réellement faire la différence dans un budget.
Le train devient alors non seulement un moyen de transport, mais aussi une solution concrète pour continuer à travailler et à se déplacer.
Réduire la voiture, parfois par nécessité
Bien sûr, tout le monde ne peut pas se passer complètement de voiture. Les réalités géographiques et familiales sont très différentes selon les territoires.
Mais la hausse du prix du carburant nous invite peut-être à réfléchir à nos habitudes.
Dans certaines situations, il est possible de combiner plusieurs modes de transport : train, bus, vélo, marche. Cela demande parfois un peu plus d’organisation, mais cela peut aussi permettre de réduire certaines dépenses.
De mon côté, ne pas avoir de voiture m’a obligée à développer une organisation différente. Et finalement, cette contrainte m’a aussi permis de découvrir une autre manière de circuler.
Entre trains régionaux, bus et vélo pliable, les trajets du quotidien deviennent parfois de petits moments d’observation et de réflexion.
Peut-être est-ce aussi cela, au fond, apprendre à habiter son territoire autrement.

