Il y a des sorties qui ne paient pas de mine, et qui pourtant restent.
Le Printemps du Cinéma en fait partie.
Des places moins chères, une salle pas complètement pleine, des enfants excités à l’idée de voir un film “comme les grands”. Rien d’extraordinaire, en apparence.
Et pourtant.
Ce jour-là , je suis allée voir Jumpers avec mes enfants. Un film d’animation, donc. Mais comme souvent avec Pixar, ce n’est jamais seulement pour les enfants.
C’était aussi une parenthèse dans une période un peu instable.
Un retour de Berlin encore récent. Des démarches administratives en cours. Un passage à la médecine de la fac à Nancy. Une vie qui cherche encore son équilibre.
Et au milieu de tout ça, deux enfants, et une séance de cinéma.
🎞️ Regarder un film, apprendre à ressentir
Je réserve sans doute un autre article à cette question, mais cette sortie m’a rappelé quelque chose d’essentiel : l’importance d’inculquer une culture cinématographique aux enfants.
Pas seulement pour “voir des films”.
Mais pour apprendre Ă regarder.
Ă€ ressentir.
À interpréter.
À comprendre que certaines histoires restent avec nous, bien après le générique.
Dans Jumpers, sans rien dévoiler de l’intrigue, un élément m’a particulièrement touchée : la grand-mère de Mabel invite sa petite-fille à apprivoiser ses émotions grâce au pouvoir de la nature.
Comme si celle-ci n’était pas seulement un décor, mais un refuge.
Un langage.
Un outil, presque, pour se comprendre soi-mĂŞme.
🌿 Encore faut-il que cette nature existe
Et c’est là que quelque chose s’est déplacé pour moi.
Parce que ce que le film suggère en creux est simple : encore faut-il que cette nature existe, et qu’elle soit préservée, pour pouvoir continuer à jouer ce rôle.
Quelques mois plus tôt, en revenant de Berlin, j’avais échangé avec une jeune femme qui faisait du démarchage pour Greenpeace France.
Sur le moment, j’ai ressenti une envie sincère d’adhérer.
De soutenir.
De faire ma part.
Puis la réalité m’a rattrapée.
Fin de droits.
Décalages administratifs.
Instabilité financière.
Je n’ai pu faire qu’un seul versement.
đź’¸ Donner quand on compte
J’ai conservé le reçu fiscal.
Pas pour l’administration, mais presque comme une trace.
Parce que même donner 10 euros, ce n’est pas anodin quand on compte.
Quand chaque dépense est réfléchie.
Quand l’engagement se mesure aussi à ce qu’on peut réellement se permettre.
Et pourtant, ce don existe.
Il est modeste, mais il est sincère.
Et il dit quelque chose d’important : l’écologie ne devrait pas être réservée à ceux qui ont les moyens d’être généreux.
👩‍👦‍👦 Transmettre, malgré tout
En sortant du cinéma, avec mes enfants, cette envie est revenue.
Pas comme une culpabilité.
Pas comme une injonction.
Comme une évidence calme.
Parce que si l’on veut transmettre aux enfants des outils pour comprendre leurs émotions — comme le suggère le film — alors il faut aussi leur transmettre un monde dans lequel ces outils ont encore un sens.
Un monde oĂą la nature existe encore.
OĂą elle est accessible.
OĂą elle peut encore apaiser, consoler, relier.
🌍 Entre ce que l’on veut… et ce que l’on peut
Je ne peux pas tout faire.
Je ne peux pas m’engager comme je le voudrais.
Je ne peux pas donner régulièrement, pour l’instant.
Je ne peux pas toujours aligner mes valeurs avec ma réalité.
Mais je peux regarder un film avec mes enfants.
Je peux réfléchir à ce qu’il me fait.
Je peux essayer, à mon échelle.
Et peut-être que ça commence comme ça.
Par une séance de cinéma.
Par une émotion.
Par une envie, encore fragile, mais bien lĂ .

