Cette semaine, je suis tombée sur un article expliquant que revoir les dessins animés ou les héros de notre enfance pourrait contribuer à soulager la fatigue mentale.
En le lisant, je me suis rendu compte que cela faisait plusieurs mois que je vivais exactement cette expérience.
Récemment, j’ai emmené mes enfants au cinéma voir Mario.
Comme beaucoup de personnes de ma génération, j’ai grandi avec ce personnage. Je n’étais pas une grande joueuse de jeux vidéo, mais Mario faisait partie du décor de mon enfance.
Quelques jours plus tard, en faisant un tour chez Müller à Sarrebruck, je suis tombée sur une boîte de Lego Mario en promotion. Je l’ai achetée pour mes enfants.
Sur le moment, cela ressemblait simplement à une bonne affaire.
Puis j’ai réalisé qu’il y avait quelque chose d’assez touchant dans cette scène.
Le personnage que je connaissais enfant continue aujourd’hui d’accompagner les jeux de mes fils.
Le retrouver au cinéma, puis le voir prendre place dans notre salon sous la forme de briques Lego, m’a donné l’impression de redécouvrir un univers familier à travers leurs yeux.
D’ailleurs, avant cette dernière séance de cinéma, j’ai aperçu la bande-annonce du prochain Shaun le Mouton.
Là encore, j’ai souri.
Puis je me suis rappelée que Shaun le Mouton était né dans l’univers de Wallace et Gromit, une autre création qui a marqué plusieurs générations.
Et comme si cela ne suffisait pas, je me suis récemment retrouvée à chercher où revoir certains films des jumelles Olsen que je regardais adolescente.
Je ne les avais pas vus depuis des années.
Pourtant, leur simple évocation m’a immédiatement replongée dans une autre époque de ma vie.
Je crois que les œuvres qui nous marquent pendant l’enfance ne disparaissent jamais complètement.
Elles restent quelque part en nous.
Elles réapparaissent parfois au détour d’un film, d’une chanson, d’une bande-annonce ou d’un jouet aperçu dans un magasin.
Pendant longtemps, j’ai pensé que la nostalgie consistait simplement à regarder vers le passé.
Aujourd’hui, je crois qu’elle joue un rôle plus complexe.
Elle nous rappelle qui nous sommes.
Elle nous permet de garder un lien avec les différentes versions de nous-mêmes.
L’enfant que nous étions.
L’adolescente passionnée de cinéma.
L’adulte que nous sommes devenus.
Depuis quelques semaines, j’ai également pris une carte Movie Club.
À première vue, il s’agit simplement d’un abonnement permettant de voir des films à tarif réduit.
Mais pour moi, c’est aussi une manière de préserver une place pour la culture dans mon quotidien.
Parfois, j’y vais seule pour voir un film en version originale.
Parfois, j’y vais avec les enfants.
Dans les deux cas, j’ai l’impression de nourrir quelque chose d’essentiel.
En cherchant où revoir certains films de mon adolescence, je me suis également heurtée à une réalité très contemporaine : l’accès à la culture n’est pas le même partout.
Entre les catalogues de streaming qui varient selon les pays, les droits de diffusion et les œuvres qui apparaissent puis disparaissent des plateformes, retrouver un film peut parfois devenir une véritable chasse au trésor.
C’est un paradoxe assez étonnant.
Nous vivons dans un monde où nous avons accès à une quantité presque infinie de contenus, mais certains films de notre enfance sont parfois plus difficiles à retrouver qu’un vieux livre dans une bibliothèque.
Peut-être est-ce aussi pour cela qu’ils gardent une place particulière dans nos souvenirs.
Ils ne sont pas seulement des divertissements.
Ils sont devenus des repères.
Aujourd’hui, je prépare un futur voyage à Londres avec mes enfants. J’aimerais leur faire découvrir la statue de Peter Pan, l’univers de Wallace et Gromit et d’autres références qui ont nourri mon propre imaginaire.
Je réalise que ce qui me touche le plus n’est pas de retrouver ces œuvres seule.
C’est de pouvoir les partager.
Voir mes enfants rire devant Mario.
Leur faire découvrir des personnages que j’ai connus avant eux.
Construire de nouveaux souvenirs à partir d’histoires anciennes.
Peut-être que les psychologues ont raison lorsqu’ils affirment que la nostalgie peut soulager la fatigue mentale.
Mais je crois qu’elle fait plus que cela.
Elle nous rappelle d’où nous venons.
Et parfois, elle nous aide aussi à transmettre un peu de ce que nous avons aimé à ceux qui nous suivent.
Article ayant inspiré cette réflexion :
https://www.jeuxvideo.com/news/2086194/selon-la-psychologie-les-adultes-qui-regardent-des-dessins-animes-de-leur-enfance-developpent-un-analgesique-special-pour-soulager-la-fatigue-mentale.htm

